Séléctionnez une région

Retour aux actualités

Interview croisée - Apprentissage

Opcalia / Octalia : la marque d’une ambition commune pour l’alternance

<
Opcalia / Octalia : la marque d’une ambition commune pour l’alternance
Date : 14.01.2016

Depuis le 1er janvier 2016, Octalia est le délégataire d’Opcalia pour la collecte de la taxe d’apprentissage. Dans cette interview croisée, Jean-Pierre Hulot, Président d’Octalia, et Patrice Lombard, Président d’Opcalia, rappellent les origines et les ambitions de cette alliance… au service du développement des formations en alternance en France.

Octalia est aujourd’hui une fédération de 19 ex-OCTA (Organismes collecteurs de la taxe d’apprentissage) : sept collecteurs régionaux pilotés par des MEDEF et douze collecteurs interprofessionnels / interbranches nationaux (1). Comment s’est-elle construite ?


Jean-Pierre Hulot : C’est en avril 2013, un an avant la réforme de la formation professionnelle, que l’Unipe et le Medef entament la création d’Octalia. Il ne s’agissait pas d’anticiper une injonction législative, mais plutôt formaliser l’aboutissement d’une longue réflexion en vue de la création d’un guichet unique dont l’ambition était de limiter sensiblement une rupture trop marquée entre formation initiale et formation continue. Rappelons qu’à l’origine de cette fédération, Octalia regroupait sept collecteurs territoriaux du Medef et l’Unipe, qui devenait l’OCTA de référence d’Opcalia au sein d’Octalia.

Cohérent et logique, ce montage a pris une dimension nouvelle avec le vote de la loi du 5 mars 2014, puisqu’il devenait certain alors que tous les OCTA perdraient leur agrément au 31 décembre 2015. De là est venue l’idée de transformer Octalia en une fédération d’OCTA. L’Unipe, qui s’était déjà rapproché de trois autres OCTA interprofessionnels nationaux et indépendants (AIDA, ASP et ORT), les a invité à rejoindre Octalia. L’objectif  était, à terme, la création d’un OCTA interprofessionnel unique. Aussi séduisante soit-elle, la concrétisation de cette idée était loin d’être évidente, car si nous nous connaissions tous, nous nous parlions très peu puisque nous étions tous concurrents.

Patrice Lombard : La genèse d’Octalia repose sur une conviction portée et défendue par certains responsables du MEDEF qu’il fallait faire bouger les choses. Plutôt que de créer ex nihilo un nouvel outil dédié à l’apprentissage, nous avons milité en faveur d’un rapprochement avec un grand collecteur interprofessionnel national, sérieux et représentatif. Nous avons creusé cette idée en rencontrant différentes personnalités du monde de la formation professionnelle, dont Jean-Pierre Hulot, Président de l’Unipe. Nous nous sommes alors rendu compte que nous avions les mêmes ambitions par rapport à l’apprentissage, ambitions qui ne reposaient pas seulement sur une simple vision chiffrée et mathématique de son développement.

Un des premiers effets du regroupement volontaire de plusieurs OCTA interprofessionnels au sein d’Octalia a été de faciliter l’élaboration d’une stratégie commune. Le choix du nom Octalia témoigne de cette convergence de vues. Pour conforter la dynamique ainsi créée, il a été décidé de proposer à Jean-Pierre Hulot d’assurer la présidence de cette nouvelle entité, en sa qualité de Président de l’Unipe, et à moi-même la Vice-présidence d’Octalia puisque j’étais, et suis encore, Président d’Opcalia.

Depuis le début de l’année, Opcalia est habilité à collecter la taxe d’apprentissage à travers son délégataire, Octalia. Comment s’organise la répartition des tâches et des activités ?


Jean-Pierre Hulot : C’est assez simple. Il est évident que la partie technique qui implique expertise et savoir-faire va rester chez Octalia. En revanche, nous aurons désormais un tuteur « politique », Opcalia, qui aura à rendre, dans un cadre paritaire, un certain nombre d’arbitrages, notamment pour la répartition des fonds libres. C’est un changement important et nous devrons bien distinguer ce qui ressort de la délégation de collecte et ce qui relève de la prestation de services. Nous sommes bien délégataire et non pas prestataire, ce qui veut dire que la convention qui nous lie a été validée par la DGEFP et que nous travaillons donc en respectant parfaitement le souhait du législateur.

Patrice Lombard : La répartition des rôles est importante et elle va se faire naturellement. En effet, Octalia dispose d’un outil de collecte, certifié ISO 9001, performant et très numérisé, donc particulièrement efficace dans ses relations avec les entreprises et pour les reversements aux écoles et aux CFA. Par contre, la gestion des fonds sera bien de la responsabilité d’Opcalia et les décisions prises le seront dans un cadre paritaire, à travers la Commission paritaire apprentissage (COPA), en tenant compte de propositions formulées par Octalia.

Et sur le terrain, comment s’organise cette complémentarité entre les deux réseaux ?

Jean-Pierre Hulot. Les équipes provenant des différents collecteurs regroupés au sein d’Octalia vont poursuivre leurs missions auprès des entreprises qui traditionnellement leur versaient la taxe. Il est évident, d’ailleurs, que si nous n’avions pas pu leur garantir une traçabilité précise des fonds collectés et des reversements effectués, ces OCTA n’auraient certainement pas rejoint Octalia. L’outil que nous mettons en place va nous le permettre. Mais c’est vrai que nous avons aussi un autre défi : s’intégrer au réseau Opcalia et, de ce fait, créer des synergies entre les équipes d’Octalia et d’Opcalia. Selon les questions à traiter et en fonction des demandes formulées par les entreprises, notre réseau de chargés de relations entreprises et de conseillers formation doit, à terme, être en mesure d’apporter partout une expertise, tant politique que technique, sur l’ensemble de la formation professionnelle.

Patrice Lombard : Tout le monde va mettre ses forces en mouvement. Aujourd’hui, Octalia dispose de collaborateurs sur le terrain, comme Opcalia. Cette présence territoriale, cette proximité avec les problématiques emploi-formation locales sont un atout majeur pour apporter une offre de services en phase avec les attentes des branches professionnelles, des entreprises, des jeunes et de l’offre de formation. Nous avons d’ailleurs commencé à préparer les équipes à leurs nouvelles missions, dans un souci de complémentarité, notamment avec des formations pour les deux réseaux. Cette mise en cohérence va nous permettre de proposer aux entreprises le meilleur service possible, tant sur le plan de la formation que celui de la professionnalisation et de l’apprentissage, notamment pour les branches relevant d’Opcalia.

Opcalia « Promoteur de compétences » d’un côté ; Octalia : « Initiateur de compétences » de l’autre ? En conclusion, pouvez-vous commenter vos deux slogans ?


Jean-Pierre Hulot : Opcalia a le bénéfice de l’antériorité. Pour Octalia, le slogan s’est rapidement imposé au moment du choix de la charte graphique qui se devait d’être proche de celle d’Opcalia. Nous voulions montrer la complémentarité entre la formation continue et la formation initiale pour laquelle Octalia se mobilise.

Patrice Lombard : Opcalia/Octalia, c’est la marque d’une ambition commune pour l’alternance. Cette complémentarité se traduit par le service « clé en main » que nos équipes sont désormais en mesure de proposer aux entreprises, pour les aider à trouver les compétences dont elles ont besoin aujourd’hui ou dont elles auront besoin demain. Sans perdre de vue notre fonction sociale : faciliter l’insertion professionnelle des jeunes sur le marché du travail, de façon durable.


(1)MEDEF régionaux (Alsace, Aquitaine, Ile-de-France, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes), Unipe, AIDA, ASP, PEMEP, FNAM, ADFA, MFR, UIT, UFIH, CSHC, Apprentis d’Auteuil, AFTRAL.

 

 

Auteur : Philippe A.

Fil d'information Opcalia

Restez informé et recevez les actualités RH et formation

* champs obligatoire
*

Accédez au formulaire détaillé

Nous suivre

  • Facebook
  • Twitter
  • Google plus
Haut de la page