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Nouveaux rapports au travail : et l’actif dans tout ça ?

Questions à... Cécile Mathivet, directrice du Lab’Ho

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Questions à... Cécile Mathivet, directrice du Lab’Ho
Date : 16.01.2017

Nouvelles formes d’emploi, transformation numérique des entreprises : sommes-nous bouleversés ? Quels impacts sur la gestion des talents et l’évolution professionnelle ? Une récente étude du Lab’Ho expose les avis et attentes de 5 600 actifs. Cécile Mathivet, directrice du Lab’Ho d’Adecco, nous en dit plus.

 

 

Les actifs sont-ils bouleversés par les nouveaux rapports au travail (multi-activité notamment) et par la transformation numérique ?

Il serait exagéré de parler de bouleversement car ces nouvelles formes d’emploi sont encore minoritaires dans le monde du travail. Alors que près de 12 % de la population active française occupent un emploi non salarié, 50 % des personnes interrogées dans le cadre de l’étude quantitative menée par le Lab’Ho disent les méconnaitre. Par exemple, deux tiers des répondants connaissent peu ou pas les plateformes de travail collaboratif (comme celle d’Uber), 53 % méconnaissent le portage salarial et 70 % le crowdworking.
Les résultats soulignent en outre que ces nouveaux modes de travail sont davantage connus par les répondants en CDI que par ceux hors CDI : 33 % des personnes en CDI connaissent plutôt bien ou très bien les plateformes contre 18 % hors CDI ; 37 % des répondants en CDI connaissent plutôt bien ou très bien le portage salarial contre 23 % hors CDI.

Pourtant, et c’est là l’un des principaux enseignements de l’étude, dès lors qu’elles sont expliquées, ces nouvelles modalités emportent l’adhésion : 79 % des répondants en CDI et 72 % hors CDI se déclarent alors favorables à l’utilisation des plateformes ; 64 % des personnes en CDI et 49 % hors CDI se disent favorables à l’idée de s’installer à leur compte.

La multi-activé s’avère bien accueillie par 73 % des répondants, avec cependant des réserves quant à l’amplitude horaire souvent large, au stress souvent accru et à l’équilibre de vie, difficile à gérer. Autre source d’inquiétude, la question de l’employabilité des individus, avec le risque d’une dispersion des compétences, d’une perte d’expertise et des perspectives d’évolution moindres.

Allons-nous vers une mise en avant des compétences comportementales faute de pouvoir prédire les emplois de demain et de fait, les compétences métiers ?

La transformation numérique bouleverse l’économie : elle exige de fortes capacités d’adaptation et d’agilité, de la part non seulement des entreprises, mais aussi de l’ensemble de leurs collaborateurs. Si la révolution de la robotique est déjà en cours, ses impacts sur l’emploi en termes de compétitivité et de productivité sont difficilement quantifiables. Les emplois changent, les compétences requises changent. C’est la capacité du travailleur à s’adapter et à mobiliser ses compétences pour répondre à des situations inédites qui devient déterminante.
Les salariés impactés par l’automatisation pourront exercer de nouvelles fonctions à condition de bénéficier de formations adéquates. La rapidité d’évolution de ces technologies pourrait rendre les cursus de formation traditionnels inadaptés et requérir davantage de modularité, et de réactivité.
Les entreprises doivent se préparer à accompagner leurs salariés, à évaluer et améliorer leur capacité à apprendre, et à les faire monter en compétences pour qu’ils puissent assurer ces nouvelles fonctions. Elles ont tout autant la responsabilité de détecter le potentiel des candidats à l’emploi (plutôt que de se cantonner aux éléments de leur parcours) et de leur apporter les compléments de compétences techniques nécessaires pour faire face aux mutations technologiques et digitales.

Les compétences comportementales et cognitives seront celles de demain, car elles permettent l’adaptation au changement par l’apprentissage permanent. Elles nécessitent de cultiver l’envie d’apprendre et de détecter les aptitudes des uns et des autres à apprendre, dans des environnements pratiques, concrets ou plus conceptuels.
Dans un monde de plus en plus interactif, la faculté à mobiliser son quotient émotionnel, ses compétences sociales, sa capacité à apprendre et à comprendre deviennent des enjeux déterminants. A un moment où les créations d’emplois se concentrent dans les activités de services et où les industriels projettent la création de valeur sur les services associés à leurs produits, la capacité à interagir avec son environnement devient centrale.

Face aux transitions professionnelles à répétition, à la perte de relais RH pour ces actifs, comment assurer leur montée en compétences ?

Les individus, quel que soit leur statut, verront effectivement leurs compétences évoluer entre 4 et 6 fois au cours de leur vie professionnelle. En corolaire à la diversification des formes d’emploi et d’activité, l’acquisition de compétences ne se réduit plus à un seul contexte professionnel et la formation devient un droit de l’actif. Par conséquent, la responsabilité de la mise en œuvre de formation visant à l’acquisition de compétences lourdes sera encore plus qu’hier entre les mains des dispositifs d’éducation et de formation. A charge pour eux d’être suffisamment proches des réalités du marché de l’emploi au plan national comme territorial, pour être en mesure d’orienter les formations vers des métiers dont le marché a besoin. Cela sous-tend de renforcer les échanges et la coordination entre les différents acteurs. Cela suppose également que les OPCA, en coordination avec les Observatoires des métiers et les organismes de formation, poursuivent leur travail de segmentation des métiers par briques de compétences afin de permettre aux actifs - quel que soient leur statut, la mise en œuvre de formations en phase avec des durées d’emploi plus courtes.

Forte de son expérience en accompagnement du changement, Cécile Mathivet a pour ambition avec le Lab’Ho d’éclairer les sujets de société liés à l’emploi et aux trajectoires professionnelles, notamment en matière d’emploi durable, d’emploi des jeunes, de diversité et d’insertion. Elle anime ce think tank collaboratif en s’entourant d’entreprises partenaires et de représentants des mondes académique, associatif et institutionnel.

En savoir plus

Télécharger l’étude complète « Penser l’emploi autrement » (PDF 148 pages)
www.labho.fr
Crédit photo : Frédéric Zivacco

 

 

Auteur : Direction Marketing & Communication

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