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Reconversion des sportifs : se préparer à tous les changements d'une deuxième carrière

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Reconversion des sportifs : se préparer à tous les changements d'une deuxième carrière
Date : 21.12.2015

Sophie Javerlhiac-Bodin est Docteur en sociologie et Maître de conférence à l’UFR APS de l’Université de Rennes 2. Ancienne athlète de haut niveau en tennis de table dans les années 1980-1985, elle travaille sur le sport de haut niveau et sur le processus qui amène à la reconversion des athlètes. En 2014, elle publie, entre autres, « La reconversion des Sportifs de Haut Niveau : pouvoir et vouloir se former », Rennes, PUR, coll.

Pourquoi est-il difficile de concilier vie sportive de haut niveau et vie scolaire, universitaire ou professionnelle ?

Le projet sportif prévaut souvent sur le projet éducatif ou professionnel. Un athlète de haut niveau ne vise qu’un seul objectif, la performance et être le meilleur possible. Horaires d’entraînements, gestion du temps complexe, conception des entraînements, temps de formation sont autant de barrières pour mener de front carrière sportive, scolaire ou professionnelle. D’autre part, l’emploi du  temps d’un sportif de haut niveau correspond à celui d’un travail à temps plein. Est-ce que cela se retrouve en terme de revenus ? 30 à 40% des 7 000 sportifs de haut niveau, vivent avec moins de 500€ par mois (Rapport Karaquillo 2015). Certains n’ont ni revenu, ni assurances sociales. La plupart survivent grâce à des aides personnalisées.

Comment susciter l’envie chez un sportif qui vise le haut niveau de préparer son après carrière sportive ?  

Anticiper l’après-carrière sportive est une question essentielle qu’il faut amorcer au plus tôt. Pour ce faire, des dispositifs sont mobilisés comme le concours de professorat du sport, les cursus universitaires qui facilitent la poursuite d’études des sportifs de haut niveau. Il y a aussi l’entourage familial ou professionnel (entraîneurs, dirigeants) qui joue un rôle prépondérant dans la réussite d’une carrière sportive et de son après-carrière. Certaines fédérations ou clubs sportifs incitent et encouragent les sportifs à conduire ce double projet. Pour aller plus loin dans ce sens, on pourrait aussi imaginer un accompagnement externe des très jeunes sportifs dans leur recherche de projet professionnel, les informer, les conseiller, ce qui les conduirait à être plus libres vis-à-vis de leur fédération.
Cependant des freins existent, comme l’immaturité chez certains sportifs qui se traduit par un manque d’anticipation et de volonté. De plus, anticiper sa reconversion revient à envisager la fin d’une carrière qui débute à peine. Il y a aussi, les formations alibis comme le  brevet d’état d’éducateur sportif, proposées par certaines structures. Mais comment réagira un sportif de 30 ans qui gagne entre 4 000 et 5 000€ par mois lorsqu’il se retrouvera avec un revenu moindre en exerçant ce métier ?  
Par ailleurs, le sportif qui rentre définitivement chez lui, c’est un nouvel homme qui arrive. Il doit trouver sa place dans son environnement familial et organiser son emploi du temps. A titre d’exemple, en 2011, la Française des Jeux constatait que 100% de leurs cyclistes professionnels qui arrêtaient, divorçaient. L’arrêt du sport entraîne aussi un changement corporel impactant ainsi son image. Un athlète de haut niveau a un corps sculpté et entraîné, beau au regard d’autrui. Préparer la reconversion c’est aussi anticiper la vie quotidienne de cette seconde carrière.

Comment faciliter le passage de la vie sportive à la vie professionnelle ?

Les travaux de l’Observatoire Sport et reconversion conduits par Opcalia mettent bien en évidence la nécessité de mettre des mots sur les compétences développées par ces  athlètes tout au long de leur carrière sportive. Des compétences qui sont recherchées par les entreprises, mais que beaucoup ne savent pas mettre en avant.
A 30/35 ans, un certain nombre de sportifs se considèrent comme des « nouveaux-nés » lorsqu’il s’agit d’intégrer le monde du travail. Ils ont consacré une grande partie de leur vie à leur passion sportive, ils ne savent pas ce que les entreprises attendent d’eux. En ce sens les actions d’Opcalia en matière de valorisation et de mobilisation de leurs compétences, complétées par des formations sont un véritable « plus » pour préparer l’après carrière des sportifs et construire un projet professionnel concret.

Auteur : Michèle Boisseau

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