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Les adhérents Opcalia témoignent

CléA : comment les entreprises et les salariés s’en emparent-ils ?

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CléA : comment les entreprises et les salariés s’en emparent-ils ?
Date : 05.04.2017

Les entreprises et certaines branches professionnelles s'approprient CléA, souvent dans le prolongement des formations aux compétences clés ou aux savoirs fondamentaux.
Points forts de CléA pour les salariés: une meilleure prise de conscience de leurs compétences et une certification à mettre sur leur CV. Et pour les recruteurs et les employeurs, un repère fiable.
Le groupement d'employeurs Triskell, la résidence étudiante Houille blanche et l'entreprise d'insertion Envie 2E 49, nous livrent leurs témoignages.


"J'ai longtemps proposé des formations aux savoirs de base, puis CléA est arrivé, avec l'avantage d'être une certification", témoigne Cristelle Pérennes, directrice du groupement d'employeurs (GE) breton Triskell qui travaille principalement avec des entreprises du secteur agroalimentaire. CléA est "une façon de mettre en valeur des professionnels souvent peu qualifiés". Il permet aussi au groupement d'employeurs de "remplir [ses] obligations au regard de l'entretien professionnel et du bilan à six ans, puisque la formation complémentaire peut être réalisée dans les cinq ans qui suivent l'évaluation préalable".

Un plus pour les employeurs

CléA présente un atout supplémentaire: "Faciliter la mise à disposition des salariés auprès des entreprises adhérentes du GE. Il permet par exemple d'obtenir le diplôme de SST (sauveteur secouriste du travail), très utile pour des agents de production, des conducteurs de ligne, des magasiniers ou des caristes. "Leurs connaissances et compétences sont reconnues dans un certificat, c'est un plus pour les employeurs et pour les collaborateurs  qui le mettent dans leur CV", ajoute Cristelle Pérennes.
"Les salariés qui s'engagent dans cette démarche prennent conscience des compétences qu'ils possèdent et qui  - pour la première fois souvent - sont reconnues par un certificat." Plusieurs lauréats de CléA au sein du GE "ont d’ailleurs pris (ou repris) goût à la formation!"

Des salariés qui se découvrent compétents…

C'est pour cette raison que Nadine Kinckel, conseillère Opcalia Auvergne-Rhône-Alpes, a proposé CléA à Djamila Zitouni, directrice de la résidence étudiante Houille Blanche qui emploie environ 50 salariés dont certains sont très peu qualifiés (agents d'entretien, de maintenance, employés administratifs). "En 2012/2013, se remémore-t-elle, Opcalia l'avait accompagnée dans la mise en place de formations au Français langue étrangère (FLE)." Cette expérience réussie l'a incitée à encourager la directrice à promouvoir CléA auprès de son personnel.

… Et remotivés!

Cette démarche permet aux salariés "d'évaluer leurs connaissances et pour certains, présents depuis dix ans, de faire le point sur leurs compétences", témoigne Djamila Zitouni. Sur les onze salariés engagés dans l'aventure, tous ont suivi l'évaluation et huit ont obtenu CléA dans son intégralité. Les autres se forment sur les domaines non validés.
Cette certification "les valorise et leur redonne confiance". C'est en effet "difficile de convaincre les salariés de se former quand la plupart ont un niveau scolaire très bas (proche de l'illettrisme) ou maîtrisent mal le français". Beaucoup n'osent même pas le demander. "Pour motiver le personnel qui a fait très peu d'études, il faudrait proposer davantage de formations de remise à niveau ou d'apprentissage du français", suggère Djamila Zitouni.

Convaincre les salariés concernés et l'encadrement

Proposer aux salariés d'évaluer leurs connaissances et compétences de base, même dans le but d'obtenir une certification, ne va pas de soi… Certains peuvent en effet s'interroger sur les motivations de leur employeur. "Pour informer les salariés et répondre à leurs premières questions, je propose à l'équipe de direction d'éveiller leur intérêt au cours de moments d'échanges privilégiés comme  l'entretien professionnel, ou de communiquer plus généralement en disposant des affiches sur CléA dans les espaces d’information collective (coin café, vestiaires, restaurant…)", témoigne Ericka Dubos, conseillère Opcalia Maine-et-Loire.
Il est également nécessaire de sensibiliser les managers. En particulier l'équipe encadrante. "Ceci, d'autant plus que la démarche s'effectue chez nous sur le temps de travail", confirme Séverine Benaiteau, chargée de mission d'Envie 2E 49 en Anjou, une entreprise d'insertion (EI) qui rénove et vend du matériel électroménager. Plusieurs réunions d'équipe ont eu lieu pour expliquer le projet de l'entreprise, décrire le référentiel CléA, les étapes de la démarche…

Adapter la démarche aux contraintes de l'entreprise

L'Infrep, l’organisme évaluateur et formateur, s'est déplacé dans l'entreprise pour voir comment travaillaient les salariés et étudier la meilleure façon d'adapter son intervention aux contraintes de production d'Envie. "Pour tenir compte de cette interaction entre le travail et la formation, nous avons retenu le principe d'une demi-journée de formation par semaine au sein de l'entreprise sur une année, soit environ 90 heures par personne", explique Patricia Martin, directrice régionale de l'Infrep à Angers. Et pour faciliter l'adhésion des salariés, l'organisme a contextualisé l'évaluation préalable à la branche du recyclage. Tous les exercices dans les différents domaines du référentiel s'inspirent de situations réellement rencontrées par les salariés.

Projet professionnel et projet de vie

Treize salariés d'Envie 2E 49 se sont engagés dans la démarche CléA en 2016. Un candidat a obtenu le certificat, les autres sont en formation. "Chaque mardi matin, de 8 à 10 heures,  je suis ma formation dans les locaux d'Envie, jusqu'au mois de septembre", témoigne Michel Renaud, opérateur polyvalent sur la collecte d'appareils électroménagers. C'est son projet professionnel qui l'a convaincu de s'engager dans CléA. Pour décrocher le DEAVS (Diplôme d'Etat auxiliaire de vie sociale) et s'occuper de personnes âgées, il a besoin de réapprendre les savoirs de base. "A 53 ans, je les ai pas mal oubliés… sans parler du numérique", confie-t-il. Un projet qui a de quoi le motiver, d'autant plus que "la formation s'emboîte parfaitement avec [son] activité professionnelle et [qu'il n'a] pas de devoir à faire à la maison…"

Recruter et évaluer en même temps

Au premier semestre 2017, quatre salariés se sont déjà lancés. Il faut dire que dès leur embauche, les nouveaux salariés d'Envie sont soumis à l'évaluation préalable CléA. "Les deux processus sont désormais liés chez nous", précise Séverine Benaiteau. "Envie a instauré une sorte de formation permanente étroitement associée à son activité", observe Patricia Martin.
Et CléA a aussi modifié le rapport des salariés à la formation. "Les candidats veulent tellement 'leur CléA', que les rapports avec leur encadrant ont changé. Ils n'hésitent plus à dire qu'ils ont besoin de se former." Ils ont appris qu'ils avaient le droit de ne pas savoir…

Auteur : Service Communication

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