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3 Questions à ... Sylvain Humeau

"Quel profil aura le responsable formation dans 10 ans ?"

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"Quel profil aura le responsable formation dans 10 ans ?"
Date : 29.05.2017

Le Garf existe depuis 63 ans. C’est l’association nationale des acteurs de la formation, comptant aujourd’hui 8 groupes parisiens, et 12 groupes au sein de chaque région. Sylvain Humeau, récemment élu président, nous parle de leurs nouveaux enjeux et projets.

 

 

Quels sont les enjeux du GARF et les nouveaux projets ?

Depuis le début des années 2010, le nombre d’adhérents baisse régulièrement. En premier lieu, la crise a eu un impact important sur les entreprises : mise sous pression des métiers supports, surcharge de travail pour les acteurs RH/ formation… avec pour conséquence une plus grande difficulté de s’extraire du quotidien pour partager et échanger dans le cadre de l’association. La deuxième raison, nous devons la rechercher au sein du GARF. Nous n’avons sans doute pas su démontrer aux responsables formation l’intérêt de rejoindre notre réseau associatif. Quelle plus-value apporte l’adhésion au GARF au-delà de l’échange de bonnes pratiques ? Quel est le retour sur investissement pour l’entreprise ?

Quelles sont vos priorités de développement pour dynamiser le réseau ?

Lors de ma prise de fonction en janvier dernier, nous avons défini un plan stratégique pour le mandat 2017-2019 : « Devenir l’association référente vis-à-vis des acteurs de la formation et du développement des compétences en France ».
Nous le savons, pour être référent, il faut être représentatif du paysage de la FPC en France. A nous d’attirer de nouveaux adhérents, de créer de nouveaux groupes régionaux ou thématiques (par exemple un groupe « secteur public »).
Avec les nouvelles régions, nous devons aussi développer différemment les relations, via un maillage territorial des groupes GARF revu.

Aujourd’hui, on dénombre 75 % d’adhérents responsables de formation et 25 % d’organismes de formation, OPCA, etc.
Initialement dédié aux responsables formation d’entreprises, il est également important de nous ouvrir à l’ensemble des acteurs de la formation en France. Ainsi, le Garf pourra multiplier les regards, aborder de nouveaux aspects de la FPC, s’enrichir d’expériences variées.

Cela passe également par un renforcement et un développement de nouveaux partenariats : FFP, Centre inffo, FCU, grandes écoles, etc.
Par ailleurs, pour attirer de nouveaux adhérents, il faut présenter une offre de services attractive pour les adhérents : Garf Mat, Campus, nouvel intranet collaboratif, blog, portail Kelixto, veille juridique, appli Garf, etc...
Enfin, pour rendre encore plus visibles nos actions, nous allons travailler sur la communication et le marketing (plaquette digitale, groupe sur LinkedIn, facebook, etc.).

Quels sont les enjeux du responsable Formation et l’évolution de la fonction ?

C’est une question que l’on me pose régulièrement : « Quel profil aura le « responsable formation » d’ici 10 ans ? ». Pour ma part, je suis souvent tenté de répondre à cette question par une pirouette, en paraphrasant Saint Exupéry … Je prendrai ainsi un bloc-notes, ferai un rapide schéma d’une entreprise et leur dirai : « vous voyez le bâtiment ? Et bien le responsable formation de demain est à l’intérieur ! »

 


Belle esquive pour éviter de répondre à une question à laquelle je ne sais pas répondre. En effet, qui peut aujourd’hui raisonnablement décrire le métier de responsable formation à 10 ans ?

Au-delà de l’évolution du cadre réglementaire de la formation professionnelle continue, rythmée par le renouvellement des mandats présidentiels, qui viennent percuter nos organisations et processus, les grandes évolutions de notre société impactent également nos métiers : Démographie, vieillissement de la population, réchauffement climatique, robotisation, consommation, digitalisation …
Une récente étude démontre que 47% des métiers actuels ont une forte probabilité d’être automatisés.

S’il est établi que nos missions de « formateurs » , « responsables formation » sont centrées sur l’accompagnement de ces changements profonds pour nos apprenants, nos collaborateurs, il ne faut pas oublier que ces évolutions impactent également nos métiers.
Nos collaborateurs n’attendent plus de nous qu’on leur pousse du contenu … Ils se servent eux-mêmes au quotidien , au travail, à la maison, dans les transports en commun … Au travers des multiples sites et applications, permettant de répondre à leurs problématiques de façon immédiate et gratuite.
Ce rôle de « prescripteur » n’a plus de sens, car nous ne sommes plus en mesure de répondre à ces attentes. Par contre, à nous de développer notre rôle  « d’orienteurs », de décodeurs de tendances et de métiers.
Ce sont également nos processus d’ingénierie qui sont remis en cause, car pas assez agiles et réactifs, au regard des besoins de nos commanditaires qui ne peuvent attendre 6 mois pour disposer du module répondant au besoin de leurs équipes …

Ces transformations qui cognent de plus en plus fort à notre porte, nous amènent ainsi à nous interroger sur nos métiers de « formateurs » et « responsables formation ». Il est impensable de rester figé dans une posture de « passeurs de contenus » ou de « gestionnaire de plans ».
Il est par contre essentiel de revenir aux fondamentaux de nos métiers … Notre raison d’être : la mise en valeur du capital humain.

Pour faire une analogie avec la photographie argentique, notre rôle n’est plus d’inculquer des connaissances, mais bien de jouer le rôle de « révélateurs de compétences », en faisant éclore le capital que nous avons tous en nous. Comme pour la photo, cette étape permet le développement. Il ne reste alors plus qu’à fixer ces compétences en intégrant ces savoirs dans les pratiques professionnelles.

Pour répondre à la question initiale sur l’évolution de la fonction formation, voici quelques aptitudes qui me semblent essentielles pour que nous soyons en mesure de « survivre » à cette transformation en cours :

  • la Curiosité et la veille à 360°, pour assurer une prise en compte permanente des évolutions de notre écosystème (sociétales, organisationnelles, technologiques, légales …)
  • l’agilité et la capacité d’apprendre à apprendre, afin de s’adapter dans un monde changeant et dans la mise en œuvre de méthodes de travail itératives (notamment dans les projets d’ingénierie)
  • la communication / marketing, pour assurer la promotion des personnes/ réseaux et des dispositifs qui assurent les apprentissages facilités, accessibles, facteurs de développement en interne et en externe.

Quels attentes vis-à-vis de l’offre de formation ? Quelle évolution de la demande ?

Je vous rassures, je ne vais pas vous refaire le coup du petit Prince …
En fait, la réponse à ces deux questions est contenue dans la précédente.
Nous attendons des organismes de formation, consultants, coach et autres parties prenantes, qu’ils nous accompagnent dans cette profonde transformation. Les responsables formation ont besoin d’être alimentés sur l’évolution du marché de la formation, d’avoir une veille technologique, qu’on leur présente des expérimentations réalisées au sein d’autres entreprises, éventuellement duplicables dans leur structure …. Bref, tout ce que peut leur apporter le GARF !

Dans notre dernier baromètre de 2016, nous avons questionné les adhérents sur ce qu’ils attendaient des organismes de formation (critères qualitatifs).
Voici leurs réponses par ordre d’importance :

  1. 1er critère : 72,6% mettent en avant l’adéquation entre le besoin et l’offre
  2. 2ème critère : 23,8% estiment que la réactivité et la capacité d’adaptation sont essentiels
  3. 3ème critère : 20,6% positionnent le prix comme un critère prioritaire (un scoop !!)
  4. Autres critères :

    1. Diversité / Innovation dans les modalités pédagogiques
    2. Présence territoriale de l’organisme
    3. Eligibilité des formations aux financements
    4. Labellisation de l’organisme

Consulter le baromètre complet

Sur le fond, nos attentes n’ont pas tant évoluées et je trouve cela plutôt rassurant.

Pour résumer, je pense qu’un responsable formation ou « révélateur du capital humain », attend d’avoir en face de lui des « partenaires », capables de s’adapter à son besoin et de l’accompagner dans la mise en œuvre de celui-ci, que ce soit un organisme de formation ou un financeur … Le temps de la simple posture de « fournisseur » est révolue.

En savoir +

Visiter le site officiel de la GARF

Auteur : Service Communication
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