Interview

Publié le : 24.04.2017 Modifié le : 20.02.2018

L'Observatoire de la EdTech a publié récemment son dernier rapport annuel, avec une enquête qui prend en compte plus de 240 organisations innovantes. A ce titre nous avons souhaité poser quelques questions à Nicolas Turcat, responsable pole E-education du groupe Caisse des Dépôts, partenaire et initiateur de cet observatoire.

Quelle est l’ambition dans la création du site www.observatoire-edtech.com ?

L’idée initiale guidant la conception et le lancement d’un observatoire edtech est relative à la nécessaire cartographie d’une filière en pleine croissance. Il convenait de comprendre, sur une base raisonnée et qualifiée, une filière qui est de plus en plus mise en lumière et demandée de la part de l’ensemble des acteurs de l’écosystème, des écoles aux entreprises. L’objectif de l’observatoire est de faire rayonner les startups et associations innovants relavant de la edtech, mais également d’éclairer les décideurs, publics et privés, et les potentiels acheteurs de « solutions de learning ». Il nous a semblé important d’associer rapidement, et dès le départ, des personnalités de l’écosystème numérique et innovant pour co-construire et lancer cette cartographie dynamique et disponible en ligne.

Comment et pourquoi la Caisse des Dépôts accompagne-t-elle les projets liés à la Edtech ?

La Caisse des Dépôts accompagne depuis près de 15 ans les structures éducatives, d’enseignement et de formation dans ses mouvements de digitalisation (les ENT, France Université Numérique, ou la Grande Ecole du Numérique plus récemment). En premier lieu, et de manière historique, la Caisse des dépôts a comme ligne directrice d’accompagner le pays et les territoires dans le cadre des grandes transitions qui sont en train de s’opérer en son sein : transition écologique, transition démographique et sociale, transition territoriale mais également transition numérique. D’autre part, nous portons la conviction que les apprentissages, sous toutes leurs formes, sont au cœur de ces volontés d’accompagnement des transitions. La mise en œuvre d’une « Société Apprenante » est probablement l’enjeu majeur de ces 10 prochaines années pour faire face aux défis actuels et futurs. De par son positionnement central sur la chaine de valeur de la société apprenante, la EdTech permet d’accélérer, inciter, concrétiser et révolutionner l’acte d’apprentissage tous le temps, partout et pour toutes et tous.

Quelles sont les grandes tendances de la Edtech ? Les structures françaises sont-elles en avance ?

L’offre EdTech Française est en réalité assez importante (242 structures recensées dans l’observatoire) mais finalement assez petite, comparativement parlant, face à des géants comme les USA ou la Chine qui ont des croissances très rapides en la matière. Au cœur des discussions depuis quelques mois, « l’adaptive learning », par exemple, suscite beaucoup d’intérêt, car il est porteur de beaucoup d’espoirs et de gains d’efficacité. Mais combien d’entreprises s’appuient-elles vraiment sur ce pilier technologique ? Beaucoup le disent, peu le concrétisent. L’offre EdTech française est également très concentrée sur les aspects « nobles » de l’apprentissage, soit sur l’acte lui-même, mais peu, trop peu, en réalité se préoccupent des dimensions « back » ou « middle office » alors même qu’elles sont indispensables pour passer à l’échelle ou même pérenniser dans son ensemble le mouvement EdTech.

Enfin, les structures EdTech françaises sont encore de trop petite taille car elles sont probablement sous-capitalisées. La question sous-jacente est probablement la maturité du marché et la faible visibilité sur des débouchés commerciaux. Sans même évoquer le marché scolaire extrêmement appauvrit structurellement, le marché de la formation professionnelle est incroyablement complexe pour une société souhaitant se positionner avec une solution aussi innovante soit-elle, et ce malgré les réformes passés et simplification que les opérateurs ont apportés.

Quelle vision/prospective concernant la formation ?

La formation doit probablement s’intégrer dans une démarche plus large de planification et d’acquisition des compétences nécessaires aux acteurs économiques comme les entreprises (via de la GPEC 2.0) : la Edtech ne sera peut-être qu’une composante de la JobTech ou de la HrTech. Si la formation a parfois été appréhendée de manière solitaire, il convient en réalité de la remettre dans sa perspective initiale qui consiste à aider des collaborateurs à développer de nouvelles compétences afin de garantir leur employabilité. Les startups Edtech se concentrent actuellement à adresser les personnes directement (B2C). Ce mouvement continuera et s’amplifiera car il est compliqué pour une organisation de concilier souhait – orientation personnelles – compétences communes : les organisations doivent intégrer cette problématique et trouver un équilibre entre des plans de formations à tiroir et le fait de faciliter l’accès à des formations complémentaires et complétement adaptés au souhait du collaborateur. Au rythme des disruptions, et encore plus qu’une DAF, la DRH reviendra probablement au cœur de l’entreprise en fournissant des solutions clés en mains pour adaptés les compétences aux besoins des collaborateurs et de l’entreprises notamment en recentrant son propos sur l’acte d’apprendre et apprendre à apprendre.

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