Image « L’apprentissage pour permettre aux jeunes des quartiers de trouver leur voie »

Interview

Publié le : 26.02.2019 Modifié le : 23.05.2019

Quand on part du constat que le décrochage scolaire ou le taux de chômage dans les quartiers prioritaires est bien plus élevé que la moyenne nationale, l'alternance devient une voie royale vers la réinsertion. Nous avons rencontré Patrick Toulmet, délégué interministériel chargé du développement de l’apprentissage dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

De quelle manière se développe l’apprentissage dans les quartiers de la politique de la ville ?

La mobilité des jeunes des quartiers prioritaires de la ville est un vrai sujet pour moi. Ils souhaitent souvent rester là où ils ont toujours vécu. Ils n’osent pas, ou n’ont pas les moyens d’aller ailleurs. J’ai pu, lorsque je présidais la Chambre de métiers de Seine-Saint-Denis et le Campus des métiers de Bobigny, aider de nombreux jeunes de ce département à trouver un employeur, y compris dans de grands groupes et dans l’hôtellerie de luxe. Il me semble que les entreprises progressent et s’adressent plus que par le passé à ces jeunes. Mais il ne faut pas baisser les bras car ce public passe souvent sous les radars et accède difficilement à l’emploi en dehors du secteur associatif.

Mon titre bien long de « délégué interministériel chargé du développement de l’apprentissage dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville » ne doit pas être pris au sens propre. Je ne vais pas mettre des entreprises dans les QPV, avec des CFA en QPV, pour des jeunes des QPV … Ce cloisonnement serait stigmatisant.

Le développement de l’apprentissage dans les quartiers prioritaires, part du constat que le décrochage scolaire, le taux de chômage dans ces quartiers est bien plus élevé que la moyenne nationale. Dans certains quartiers, le chômage peut atteindre 50% chez les jeunes.
L’apprentissage est la meilleure voie vers l’emploi, il permet d’être rémunéré et de ne plus aller à l’école au sens traditionnel du terme. D’ailleurs, très souvent ces jeunes ne savent même plus où se trouve leur établissement scolaire… Voilà pourquoi on parle de développement de l’apprentissage dans les quartiers, c’est pour permettre à ces jeunes de trouver leur voie.

Quels sont les grands axes de votre feuille de route ?

J’ai pour mission d’aller chercher les jeunes dits invisibles, les NEET (NEET signifie « Not in Education, Employment or Training »), ceux qui n’ont rien et vivent souvent dans les quartiers les plus défavorisés. Très souvent, ils sont inemployables. Il faut donc les coacher. C’est pour cette raison que le Gouvernement a lancé l’appel à projet prépa-apprentissage. Il s’agit aussi pour moi de trouver des dispositifs leur permettant de découvrir des métiers.

Ce public a souvent perdu toute confiance dans les institutions, comme Pôle emploi ou la mission locale. J’ai la lourde tâche de faire en sorte que ces jeunes, souvent cabossés, puissent choisir leur avenir et entrer en apprentissage ou en formation. Je ne peux pas réaliser ce travail seul. C’est pour cette raison que je réunis les acteurs de l’insertion, les entreprises, les associations pour qu’ensemble, nous puissions offrir un avenir à ces jeunes.

Quel type d’entreprises implantées dans les quartiers de la politique de la ville s’engagent dans l’apprentissage ?

Julien Denormandie, secrétaire d’État à la cohésion des territoires a lancé PaQte, le « Pacte avec les quartiers pour toutes les entreprises » qui comporte quatre volets :

  1. « Favoriser le dialogue entre mon entreprise et la jeunesse des quartiers populaires »,
  2. « Promouvoir l’insertion professionnelle des jeunes des quartiers populaires par l’alternance »,
  3. « Améliorer en continu mes pratiques RH afin d’éviter les biais discriminants à l’embauche et tout au long de la carrière »,
  4. et « Booster les relations clients-fournisseurs dans les quartiers populaires par une politique d’achats responsables ».

Beaucoup d’entreprises, PME, multinationales sont partenaires de ce programme.

Aujourd’hui, on ne forme plus et on n’embauche plus comme avant. Les défis, notamment numériques, creusent un important fossé générationnel. Mais, je crois que les entreprises sont en train de prendre conscience qu’elles ont besoin des jeunes et des apprentis.

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