Interview

Publié le : 16.01.2017 Modifié le : 05.03.2018

Officiellement lancée en octobre 2015, l'expérimentation sur la Formation en situation de travail (FEST) entre dans sa phase opérationnelle. Fin décembre 2016, le comité de pilotage de l'expérimentation a retenu tous les dossiers présentés par Opcalia. Anne le Bourgeois du Pôle Ingénierie et projets nous décrit les expérimentations pilotées par Opcalia, Elle nous rappelle également la genèse et les objectifs de la FEST.

La phase opérationnelle de l’expérimentation FEST démarre en ce début d’année 2017. Quels sont les projets portés par Opcalia?

Anne le Bourgeois : Le 22 décembre dernier, le comité de pilotage de l’expérimentation composé de la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), du Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation (Copanef) et du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) a validé les trois dossiers portés par Opcalia. Ils devraient nous permettre d’accompagner une quinzaine d’entreprises dans des environnements très divers et de pouvoir, au cours et à l’issue des expérimentations, tirer des enseignements:

  • cinq entreprises interprofessionnelles/interbranches en Normandie, dont deux de la filière du verre, une du secteur du caoutchouc, un petit institut de beauté spécialisé dans l’épilation orientale et une tannerie
  • cinq entreprises relevant des branches Textiles-Mode-Cuirs mûres sur la question de la formation en situation de travail en raison notamment de leur expérience passée de transfert de savoir-faire
  • cinq entreprises d’insertion (EI) de la Fédération des EI qui s’appuient sur le référentiel de CléA pour mettre en évidence la dimension apprenante du travail, en particulier sur des compétences de base.

Quel est l’outillage proposé par Opcalia ?

A.L.B : La première étape consiste à poser un diagnostic sur les besoins en formation de l’entreprise. Ensuite, tous les participants à l’expérimentation (chef d’entreprise, tuteur, formateur interne, manager, salarié, cabinet externe médiateur) sont invités à signer une lettre d’engagement. Le salarié exprimera son profil d’apprenance au cours d’un entretien et il lui sera proposé un Protocole individuel de formation.
Au cours de la troisième étape, chacun déploiera la méthodologie proposée qui s’adpatera à l’organisation et aux acteurs parties-prenantes (référentiel de compétences, parcours d’activités formatives sur-mesure, ingénierie pédagogique et cadre de suivi adapté, carnet de progression, indicateurs, etc.).

Tout au long des activités formatives mises en oeuvre, le salarié validera un portefeuille de connaissances et compétences. Il lui sera demandé en quelque sorte de « conscientiser » et de capturer son geste professionnel, et de capitaliser tout ce qu’il apprend sous la forme de photos, de vidéos et sur une tablette qui lui sera fournie, selon le principe de la pédagogie inversée. Il sera aidé en cela par un médiateur externe (prestataire externe pour l’expérimentation).
Parallèlement, et au fur et à mesure, le formateur interne, le tuteur et le manager vérifieront que le salarié acquiert bien les compétences visées par le référentiel. Ceci grâce aux indicateurs de réussite définis au départ, à des entretiens, des observations au poste et éventuellement à des cas pratiques en situation de travail.

Rappelez-nous dans quel contexte a été lancée l’expérimentation FEST?

A.L.B : Le stage classique s’est longtemps imposé comme la formule dominante de formation financée par les OPCA, alors que 60% des petites entreprises forment très peu leurs salariés, les modalités classiques de formation (stages, FOAD) n’étant pas adaptées à leur organisation. D’autre part, le Céreq a mis en évidence que la formation en situation de travail représente déjà au moins une formation sur cinq, et que dans 70% des cas, elle est dispensée par une personne de l’entreprise.
C’est dans ce contexte que la DGEFP et le Copanef ont lancé, fin 2015, l’expérimentation FEST, dans le cadre de la mise en œuvre du plan gouvernemental TPE-PME de juin 2015. Treize Opca sont aujourd’hui engagés dans l’aventure, aux côtés du FPSPP et du réseau Anact-Aract .

L’évolution du cadre réglementaire au cours de ces dernières années favorise l’essor de la FEST: la fin de l’obligation fiscale qui libère les entreprises et les OPCA du principe d’imputabilité des dépenses et la mise en œuvre des périodes de mise en situation en milieu professionnel (loi du 5 mars 2014), la possibilité pour les OPCA de prendre en charge la rémunération des salariés en formation dans le cadre du plan des entreprises de moins de 10 salariés (loi « Macron » du 6 août 2015), pour ne citer que ces dispositions.

Quels sont ses enjeux et ses objectifs?

A.L.B : L’expérimentation a pour ambition de caractériser et de promouvoir certaines formations en situation de travail au profit des salariés (en particulier les moins qualifiés) et des employeurs de TPE-PME qui devraient ainsi avoir moins de réticences à faire bénéficier leurs salariés de formations. Reconnaître le rôle du formateur de l’entreprise nécessite d’appliquer une méthodologie rigoureuse  et transférable. Nous nous écartons de la traditionnelle « formation sur le tas ». La FEST expérimentée dans les entreprises exige une intention pédagogique avec des objectifs posés, ainsi qu’une médiation pédagogique formelle. Les parties-prenantes doivent avoir conscience de l’acte formatif.

L’objectif consiste aussi à démontrer que ces FEST peuvent viser des  certifications professionnelles 
(contribution au dossier de preuves), à permettre aux employeurs d’invoquer ces actions pour justifier qu’ils ont satisfait aux obligations de l’entretien professionnels (au moment de l’entretien de bilan des 6 ans notamment), et de rendre ces FEST éligibles à une prise en charge financière.

L’idée est de faire émerger des outils simples destinés aux entreprises, aux organismes de formation, aux consultants impliqués, aux financeurs et aux contrôleurs pour définir les contours de la FEST compatibles avec la réglementation en vigueur. Le but est aussi de réfléchir à une éventuelle évolution du cadre réglementaire de l’action de formation et de son financement.

Qu’est-ce que la FEST ?
Elle se définit comme « une formation non scolaire » qui se déroule en entreprise et produit des compétences directement articulées aux contenus des activités de travail. C’est un apprentissage en deux temps: la situation de travail et son analyse. La première étape consiste à partir de situations de travail pour les mettre en lien avec les compétences attendues d’un référentiel comme CléA par exemple. Pour cela, il s’agit d’identifier les compétences à acquérir, les situations de travail favorisant cette acquisition, et d’adapter la situation de travail pour permettre l’apprentissage.
Dans un 2ème temps, il s’agit de prendre du recul par rapport à la situation de travail dans le but d’analyser l’action et de consolider les apprentissages. Comment? En structurant des moments pour réfléchir et « débriefer » sur l’action, en se centrant sur le « comment » et en décrivant l’action, en s’appuyant sur le formateur interne et/ou le tuteur présent dans l’espace de travail.

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