Image Réforme de l’apprentissage : « une opportunité nouvelle de partenariats » ?

Interview

Publié le : 20.05.2019 Modifié le : 23.10.2019

Tout organisme de formation peut désormais dispenser des formations par l'apprentissage. Les entreprises sont encouragées à créer leur propre CFA. Cette libéralisation de l'apprentissage est source d'inquiétudes pour certains CFA en place. Pas pour l'IGS qui depuis longtemps "accompagne des entreprises et des réseaux de branche qui souhaitent développer l'apprentissage" nous explique Jean-Philippe Leroy, DGA de l’IGS, en charge de l’alternance/apprentissage.

Les entreprises peuvent désormais ouvrir leur propre CFA. Redoutez-vous cette concurrence ?

Jean-Philippe Leroy : L’IGS accompagne depuis longtemps des entreprises (La Poste, par exemple ou très récemment Adecco) et des réseaux de formation de branche comme l’Ifria (filière alimentaire) qui souhaitent développer l’apprentissage. Je parlerais donc plus d’une opportunité nouvelle qui est donnée à ces partenariats que de l’arrivée sur le marché de concurrents.

Ce que l’on peut redouter, c’est que certaines entreprises utilisent cette possibilité pour financer leur université interne. La tentation est aussi grande pour certaines d’utiliser cette faculté de créer leur propre CFA pour former le jeune uniquement à son poste de travail. Ce sont des échos qui nous parviennent déjà.

Les apprentis ne sont formés qu’à des compétences techniques nécessaires pour occuper leur poste, et à des certifications internes. Ces initiatives détournent l’apprentissage de son objectif qui est d’offrir aux jeunes une opportunité d’avenir grâce à une qualification et des compétences qu’ils pourront utiliser ailleurs.

Leroy Jean Philippe

Les premiers retours de France compétences sur les coûts contrat vous rassurent-ils ?

J.-P. L. : Les premières recommandations de France compétences nous ont rassurés. Nous redoutions le transfert aux branches professionnelles de cette compétence de déterminer unilatéralement les coûts des formations par l’apprentissage. Nous n’avons donc pas d’inquiétudes majeures sur ce point.

En revanche, il manque des décrets importants et leur non-publication au Journal officiel nous inquiète fortement. Le plus attendu est celui qui précisera le prix que nous devrons appliquer aux contrats déjà signés et qui se poursuivent en 2020. Faudra-t-il tenir compte des prix qui figurent actuellement sur les listes préfectorales ou bien devrons-nous leur appliquer les nouveaux coûts définis par les branches professionnelles ?

Si c’est la deuxième option qui doit s’appliquer, nous n’aurons pas d’autre choix que de demander aux entreprises de compenser l’éventuel delta entre les deux coûts. Cela nécessite d’adapter la loi mais, d’après nos informations, les entreprises volontaires pourront verser la différence au CFA qui forme leurs apprentis. Il appartient aux centres de formation d’être suffisamment innovants sur le plan pédagogique pour convaincre les entreprises.

La réforme financière de l’apprentissage s’applique au 01/01/2020 mais la rentrée a lieu en septembre/octobre 2019. Et les recrutements d’apprentis pour cette rentrée ont lieu en ce moment. Autant dire que demain, c’est aujourd’hui ! Il nous faut des réponses maintenant.

Quels coûts s’appliquent à vos nouvelles certifications ?

J.-P. L. : C’est une question sans réponse pour le moment. Nous avons en effet présenté à l’ex-CNCP (Commission Nationale de la Certification Professionnelle), l’an dernier, plusieurs certifications qui ont reçu un avis favorable d’inscription au RNCP publié au JO.

Les premières rentrées se sont effectuées en contrat de professionnalisation. La question des coûts ne s’est donc pas posée mais nous voulons ouvrir ces formations à l’apprentissage.

Problème : aucune branche ne les a inscrites sur les listes qu’elles ont envoyé à France compétences. Soit les branches intéressées re-déposeront une nouvelle liste proposant les coûts de ces formations par l’apprentissage, soit leur prix sera défini par décret. Mais à quelle date ? Cela nous inquiète.

consulter l’article : France compétences répond aux questions d’Opcalia

Quelles sont les autres questions en suspens pour les CFA ?

J.-P. L. : De nombreuses questions concernant le statut des CFA. En particulier, celle de la qualité : l’IGS est engagé dans une démarche qualité mais c’est loin d’être le cas pour tous les CFA. Quel sera le régime de TVA applicable ? Là aussi nous n’avons pas de réponse à ce jour.

Quelles relations entretenez-vous avec Opcalia/Octalia ?

J.-P. L. : Nous faisions des dossiers pour demander des fonds libres, comme nous le faisions auprès d’autres Opco. Désormais, les cartes sont rebattues et nos relations vont être d’un autre ordre.

Nous nous interrogeons aussi sur le devenir de Walt, le chatbot de l’alternance qui permet à la fois d’accroître la notoriété de l’alternance pour permettre aux entreprises de recruter, et d’aider un jeune de A à Z dans son parcours. Un millier de jeunes l’ont utilisé. Sa disparition serait très dommageable à un moment où tout le monde s’accorde sur la nécessité de développer l’apprentissage en facilitant son accès.

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Rousse Detouree

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