Image TRANS’FAIRE pour reprendre le fil de sa vie

En pratique

Publié le : 29.06.2018

Etude de cas : FIM, un groupement familial d'ateliers de confection situé à Fougères (Ille-et-Vilaine) a choisi l’expérience TRANS’FAIRE pour pallier au manque de qualifications nécessaires dans le secteur du prêt-à-porter de luxe.

Le défi de départ

Les mots « textile » et « crise » sont si souvent associés que d’anciens salariés de ce secteur ignorent que leur métier existe toujours et que des entreprises recrutent ! « Beaucoup de demandeurs d’emploi découvrent qu’il y a encore de la confection en France. Certains retirent même de leur CV leur compétence de mécanicien en confection en pensant que ce métier n’existe plus », témoigne Carole Merlaud, DRH des ateliers spécialisés « habillement » de la société FIM, Pour ces ateliers qui emploient 550 personnes, la crise c’est le déficit de compétences.

Nous souhaitons recruter pour développer notre activité et nous ne trouvons pas sur le marché de l’emploi les compétences dont nous avons besoin. Nous sommes obligés de former les personnes nous-mêmes.
Jacques Martin-Lalande, co-président des Ateliers FIM.

La solution

Depuis plusieurs années, Opcalia accompagne ce groupe dans le cadre de TRANS’FAIRE, un dispositif centré sur l’expérimentation professionnelle. Trans’faire permet à des demandeurs d’emploi de découvrir un métier par une expérience « vie ma vie » et de se l’approprier dans le cadre d’une POEC puis un contrat de professionnalisation sur mesure, Prodiat. C’est dans ce cadre que la société FIM sélectionne des candidats avec Pôle emploi et Opcalia, les forme puis les embauche.

« Lorsque nous lançons un projet de recrutement, nous informons Pôle emploi qui contacte les candidats tentés par une reconversion dans les métiers de l’habillement. Les personnes intéressées effectuent une journée test pour découvrir nos métiers, dont une partie dans nos ateliers. Nous évaluons ainsi leur dextérité et leur motivation en situation quasi-réelle de travail », décrit Carole Merlaud. Les candidats doivent par exemple « piquer sur du papier » pour appréhender le métier de piqueur.

À chaque fois, l’entreprise sélectionne entre 6 et 10 personnes qui intègrent une POE collective d’une durée de 12 semaines (399 heures). « Nous leur proposons ensuite un contrat Prodiat (70 % en CDD, 30 % en CDI) en partenariat avec Apho, un organisme de formation de notre secteur. Tous les trois mois, nous faisons le point avec lui afin d’ajuster le parcours le cas échéant. » Cette intégration sur-mesure est « vraiment possible grâce à Prodiat, un bel outil d’ingénierie pédagogique très bien structuré », souligne la DRH.

Le résultat

Grâce à TRANS’FAIRE, les ateliers FIM trouvent la main d’œuvre recherchée et permettent a de nombreux demandeurs d’emploi parfois à la dérive de reprendre le fil de leur vie. C’est le cas de Camille, une trentenaire sans domicile fixe qui a poussé la porte d’une réunion collective co-organisée par l’entreprise et Pôle emploi et qui a été retenue pour une POE suivie d’un contrat Prodiat, puis d’un CDI. « Nous les aidons à renouer avec le monde du travail en les considérant comme des salariés à part entière. Nous ne sommes pas une entreprise d’insertion », insiste Carole Merlaud.

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Le dispositif TRANS’FAIRE fait florès

« En 2012, nous avons été sollicités par les professions TMC qui rencontraient des difficultés de recrutement et de transfert de savoir-faire », raconte Laurent Vandenbor, directeur territorial Opcalia TMC Ouest. « Le mot d’ordre d’Opcalia était alors ‘Cap sur l’alternance’. Nous nous sommes emparés de la Préparation opérationnelle à l’emploi (POE) et de Prodiat qui démarraient pour lancer une campagne professionnelle sectorielle baptisée TRANS’FAIRE. »

Partie de Cholet dans le Maine-et-Loire, cette opération fait florès. « À ce jour, nous avons reçu 6 000 demandeurs d’emploi pour les informer, 2 500 personnes ont été formées en POEC suivie généralement d’un contrat de professionnalisation Prodiat (50 % en CDI). Le Conseil national de l’Industrie a qualifié cette démarche d’exemplaire et conseille de la développer dans le cadre de la nouvelle feuille de route du comité stratégique de la filière Mode et Luxe », précise Laurent Vandenbor. TRANS’FAIRE se déploie dans l’ensemble du Grand-Ouest. « C’est devenu une véritable démarche de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (Gpec) territoriale », souligne Frédéric Charmant, le chef de projet.

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